Ombres, échos, et réflexions: trois histoires

Posted October 13

Jour: 35

Distance parcourue: 5,831 km (3,623 miles) 

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C’est facile d’imaginer une organisation de trafic d’êtres humains comme une pieuvre monstrueuse et vilaine, qui étire ses tentacules dans l’ombre; ou comme un réseau criminel avec ses barons du crime bien caché, confortables dans leur manoir. En réalité, la plus grande partie du trafic humain est effectuée par des gens somme toute ordinaires, qui, outre cette occupation, vivent des vies ordinaires.  

Durant nos dernières minutes en Indonésie, nous avons peut-être rencontré une de ces personnes. 

Tout a commencé comme une conversation ordinaire avec un homme local au terminal de traversiers. Son nom est Jasril. Il est un homme de petite taille, moustachu, peut-être d’une quarantaine d’années. Mais à la différence de nous, il n’embarquait pas sur le traversier, mais arrangeait plutôt le passage pour quelqu’un d’autre. 

Jasril envoie des femmes travailler en Malaisie, comme domestiques. Son employeur, une femme japonaise basée à Kuala Lumpur, le contacte lorsqu’elle a besoin de filles. Jasril choisit 25 ou 30 filles chaque année. Il s’occupe de leur passeport, Visas et billets, et les fait traverser les détroits. La commission qu’il reçoit en retour lui permet de s’offrir une maison.  

Les filles reçoivent entre 500 et 700 ringgit malaisien (156 et 219$ US) par mois, dit-il, mais ne sont pas payées pour leurs premiers cinq mois de travail- cet argent sert à rembourser les dépenses initiales de leur voyage et la commission de Jasril.  

Jasril envoie peut-être des filles travailler comme domestiques en Malaisie, ou peut-être est-il impliqué dans un réseau de trafic de femmes pour la prostitution – il ne le saura peut-être jamais. J’ai pris ses informations et je l’ai appelé depuis, creusant pour en savoir plus, mais Jasril lui-même ne sait peut-être pas ce qui arrive aux filles qu’il envoie en Malaisie. 


Il y a cinq ans, après avoir passé près de trois mois en voyage à travers des pays islamiques, je me suis trouvé curieux à propos de plusieurs aspects de la religion. J’en ai parlé avec Daoud, un imam malaisien, qui a su répondre à plusieurs de mes questions avant que je ne le prenne en photo. 

Comme il est une figure importante dans sa communauté, nous nous attendions à trouver Daoud facilement. Cepentant, quand Moreno et moi sommes arrivés à sa mosquée, nous avons vite appris que Daoud était récemment retourné vivre avec sa famille en Inde, pour envoyer sa fille au collège et prendre soin de sa femme malade. 

Jusqu’à maintenant, Moreno et moi prévoyons terminer notre périple au Népal, en mars. Il y a un autre 2 700 kilomètres de là jusqu’au village de Daoud, dans la pointe de l’Inde. Avec un peu de chance, nous l’y retrouverons dans cinq mois.


Comme nous étions en Malaisie, nous en avons profité pour rendre visite à Syu, une bonne amie à moi que je n’avais pas vue depuis cinq ans.Syu a 24 ans, et son histoire en est une fascinante, que j’aimerais partager avec vous. 

Syu est un humain très ouvert et expressif, des traits qui lui ont apporté beaucoup de malheur en tant que jeune femme islamique. Elle est carriériste, elle veut voir le monde, et elle a choisi de ne pas porter le hijab. Syu a une mère très dévote, qui enseigne le coran. Elle respecte les choix de sa fille et lui permet de vivre la vie qui lui plaît. Le père de Syu, par contre, tient plus à sauver les apparences qu’à la liberté de sa fille.

Le père de Syu a quatre femmes, et alterne entre elles. Quoi qu’il soit toujours légalement marié à la mère de Syu, il le subvient plus à ses besoin, refusant de payer le loyer sous prétexte qu’il ne la visite plus. Syu et sa sœur paient donc elles-mêmes le loyer de leur mère, bien que ni l’une ni l’autre n’y vivent. 

Syu a un demi-frère, plus jeune, qui a été acclamé comme un géni des mathématiques à travers la Malaisie. Pour tenter de s’enrichir sur la visibilité du fils, le père a commencé à vendre des produits pharmaceutiques qu’il affirmait améliorait l’intelligence des enfants. Son commerce et sa réputation ont beaucoup souffert lorsqu’il a été démontré que sa formule contenait des stéroïdes, Quantité de produits, d’une valeur totalisant 600 000 ringgits (189 000$ US) ont été saisis. 

Lorsque Syu est revenue d’un voyage en Inde, son père l’a conduite au commissariat de police afin qu’elle soit testée pour l’utilisation de drogues et qu’on vérifie sa virginité. Il a menacé de divorcer sa mère si elle ne lui remettait pas son passeport. Syu a été attaquée publiquement et en privé pour avoir organisé des événements de câlins gratuits à Kuala Lumpur, et pour avoir porté un bikini en Nouvelle Zélande. 

En mars de cette année, Syu a dût recevoir d’urgence une chirurgie pour retirer une tumeur de son cerveau. Elle reposait aux soins intensifs, en marmonnant et en appelant le nom de son père, alors des membres de sa famille ont été le trouver chez lui.Cette fille n’est pas ma fille, fut sa réponse. 

Syu s’attend à ressentir les effets de sa chirurgie pour au moins un an, et les effets du comportement de son père dureront probablement plus longtemps. C’est difficile de voir des amis passer du temps avec leur père, dit-elle, mais elle est une battante. Elle est une femme extrêmement ambitieuse, qui travaille présentement de longues heures comme agente de communications corporatives pour une firme d’ingénieurs à Kuala Lumpur. Elle vit sa foi islamique à sa manière. 

Moreno et moi avons été très occupé, et vous entendrez parler de nous bientôt. En attendant, partagez!

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